1894
famille cyr
LOUIS CYR ACCOMPAGNÉ DE SA FEMME MÉLINA ET DE LEUR FILLE ÉMILIANA
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La tournée continue (UQAM.sp). À Baraga, Michigan.,un millionaire propriétaire de chevaux vedettes (gagnants de premiers prix à l'Exposition de Chicago en 1893) le met au défi de retenir ses chevaux contre une mise de 5000$. Cyr devant limiter la mise à 200$, il ne put convaincre l'homme d'aller de l'avant avec le défi, en dépit de l'appui du New Marquette Mining Journal (LC pp. 216-217).

Dans le National Police Gazette, en mars 1894, Pierre Cyr lance un défi pour le titre de champion des poids moyens en une série de tours. Le défi ne fut jamais relevé (LC p. 225). Le 13 mars, Cyr lance un défi à Sandow dans le même journal (UQAM.sp). On en trouve des échos dans le New York Herald ( 9-10-11 avril). Le 14 avril, Fox lance à nouveau le défi du championnat du monde par un appel au New York Herald et un programme de lever d'haltères précis (LC p. 226). Le 28 avril, la National Police Gazette publie une galerie de portraits de compétiteurs (UQAM.sp)

Ayant terminé ses engagements, Cyr ne s'occupe plus que de son cirque avec qui il parcourt la province pendant 5 ans. Modeste au début, il devient considérable et très florissant. Il rêve d'en faire un égal des grands cirques américains. (Un témoin, Victor Barrette, qui assista enfant à une représentation du cirque de Cyr en mai 1898 à Joliette, est toutefois d'avis qu'il "n'était pas des plus affriolants", surtout si on le comparait à celui de Barnum. Louis Cyr n'y paraissait pas en personne, mais Horace Barré, avec des avaleurs de feu, deux ou trois équilibristes, des magiciens et l'homme à tout faire nommé Rondeau qui jouait aussi le bouffon. Le matériel consistait en une grande tente pouvant accueillir de trois à quatre mille personnes, éclairée par quelques ampoules "no 16", et surveillée par des gardiens engagés pour l'occasion. Barrette affirme que le cirque, créé en 1898, ne survécut pas trois ans. Le Droit, 26 août 1946 (ou 40), MUSÉE DE CHARLEVOIX).

LA VIE DE CIRQUE - Cyr distingue sa vie de cirque de celle de théâtre où il retrouve sa véritable vie de famille en présence de compatriotes (LC p. 179). La vie de cirque est un véritable enfer, surtout pour les journaliers chargés du montage et de l'entretien, qui comptent dans leur rangs une majorité de criminels, déclassés et "dégénérés" (LC p. 186). "C'est le cosmopolitisme des nations et celui des misères humaines qui se rencontrent là" (LC p. 186). Il sera avec les cirques des frères Ringling (pendant huit mois et demi dans l'Ouest américain) qui passe pour le mieux géré au monde (LC p. 189); Cyr est un des rares employés à être admis chez ces frères de descendance allemande, de Robinson, de Barnum.

Pendant les tournées, il mange deux fois par jour (le matin et entre 4 et 6 heures) ; à l'hôtel, trois repas; or, pour les employés, c'est le lunch sur le pouce avec de la nourriture qu'ils apportent eux-mêmes (LC p. 217). Il fait le récit de divers incidents (LC pp.186-190), comme le décès d'une cavalière au Colossal Building, de Saint-Louis, alors que les cirques Robinson et Ringling étaient réunis (LC p. 203). Un de ses tours qui étonnait le plus avec Robinson et Ringling était de pousser au-dessus de sa tête, en cadence avec la musique, une barre à sphères de 325 livres (LC p. 217).

Un nommé William Couture, Franco-Américain, et Joseph Dionne, sauteur de pont, faisaient partie de la troupe. Ce dernier avait acquis sa renommé en sautant des ponts (dont Victoria). Il mourut en 1935, en France, lors d'un spectacle. (Louis Lavigueur, ancien homme fort poids légers, fut son ami intime. En 1936, il dirige un atelier de mécanique automobile). (La Patrie, 17 mai 1936).

Souvent, avant d'entrer en scène, il découvrait que sa femme a bourré un costume de médailles et de scapulaires (LC p. 195). Il fait tout pour ne pas manquer la messe du dimanche (LC p. 196). Il sera souvent accompagné des compatriotes Lafleur (qui travaille dans les échelles) et Horace Barré. La promotion est souvent fait autour des exploits de Cyr et pas toujours de façon très honnête ni réaliste. Il ne l'encourage pas mais laisse faire (LC pp. 191, 201-202). Le cirque des frères Ringling est aussi composé de phénomènes: Zoulou, vieillard ayant un corps d'enfant lui émergeant de l'estomac moins la tête,; deux mulâtresses siamois liées par les muscles abdominaux et dansant des gigues endiablées; un jeune homme de vingt-cinq ans, 1pi 30pcs de haut, 10pcs de large, au bout d'une jambe énorme; l'homme à trois jambes, naine de 30pcs; Chinois de 8 1/2 pi, Harris, homme de 560 livres. Aussi, des curiosités arrangées, comme celle du célèbre homme fauve prétendument capturé en Afrique (LC pp. 200-201, 275).

Les vedettes canadiennes-françaises ont toujours refusé de faire partie des parades montrant ces curiosités sur des chariots "dorés ou peinturlurés bien souvent de grotesque façon", se promenant dans des voitures et jamais à la suite du cortège (LC p. 218). Cyr joue du violon après les représentations pour ses compagnons. (Il l'avait appris dans ses loisirs à Saint-Jean-de-Matha et en voyage; avait fait danser les gens de Lowell) (LC p. 179).

Certains gérants américains lui reprochent d'avoir un nom français qui ne fait pas assez champion ni américain, lui promettant la gloire s'il adopte un nom anglais (LC pp. 181-182).

Lorsque les journalistes n'ont pu le rencontrer, il leur arrive de fabriquer des histoires de toutes pièces (voir Evening Free Press en 1892, le Butte Miner de Butte City, Montana), le récupèrent (le True Witness de Montréal en fait un "temperance athlete") et le World de Toronto, en septembre 1892, le fait naître à "St John Debreville" (LC p. 182); le Herald de Boston, le Marquette Times, le World, de Toronto, colportent des faussetés et exagérations semblables (LC pp. 219-220).

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