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Sports
Société

Culture, loisirs et société

Terrebonne a connu, pendant ses cent premières années de vie municipale, une vie sociale active. Nombreux sont les organismes qui y ont vu le jour. La ville les a soutenus du mieux qu’elle l’a pu. Avec les années, les sports et les loisirs ont également pris une importance certaine. Peu à peu, la ville s’est dotée de parcs, de centres de loisirs et de lieux de divertissement. En consultant les pages qui suivent, vous apprendrez comment les gens de l’époque occupaient leurs temps libres.


Les loisirs
Les loisirs au 19e siècle
Avant le XXe siècle, les procès verbaux de la municipalité de Terrebonne donnent peu de détails au sujet des activités de divertissement des résidents. Nous savons tout de même que les arts dramatiques, la musique et les jeux de table occupent un certain nombre de personnes. Les lieux publics par excellence sont le magasin général, la boutique de forge et la place publique. À l’intérieur de ces lieux de rassemblement, des discussions passionnées ont lieu.

Le cinéma
image Joyeuse Nous sommes en 1919, Eugène Lapointe, électricien de la ville, demande au conseil la permission d’emprunter de la ville des chaises pour faire des représentations de vues animées. Les séances ont lieu dans un immeuble de la rue Ste-Marie, à l’intersection nord-est de la rue St-François-Xavier. La salle se nomme La joyeuse. Elle comprend 350 sièges. Elle est exploitée jusqu’en 1922, moment où elle est incendiée. En fait, le cinéma est présent à Terrebonne dès 1908. C’est effectivement à cette époque qu’Urgel Poitras fait figure de pionnier en inventant «le Terrebonnoscospe ».

Malgré tout, la vie continue. En 1937, Ernest Poitras donne toujours, à raison de deux fois semaine, des séances de petites vues au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville. L’échevin Miki Ouimet vient à s’élever contre ce type de représentations. Après délibération, les membres du conseil se disent en «faveur de bonnes vues et espèrent que les programmes seront choisis à la satisfaction des autorités religieuses. Sans quoi, ils prendront les moyens nécessaires pour faire censurer le programme des vues avant leur représentation ». En 1942, une représentation par semaine a toujours lieu.

Malgré tout, le cinéma conserve la faveur du public. En mai 1947, trois demandes sont faites à la ville de Terrebonne pour la construction d’un théâtre (cinéma). Finalement, seul le cinéma Figaro voit le jour. Il est construit sur la rue St-Pierre. Le Figaro déloge rapidement les représentations de cinéma qui ont lieu dans les locaux de l’hôtel de ville. Le Figaro devient, après quelques semaines, le seul diffuseur de la ville. L’édifice abritant ce cinéma appartient maintenant à la ville et est devenu le Théâtre du Vieux-Terrebonne.

Le centre des loisirs
image du Centre des loisirsDepuis que la ville a aménagé un terrain de jeux, dans les années quarante, le sport gagne en popularité. Voyant cela, les Chevaliers de Colomb ainsi que la Chambre de Commerce souhaitent ouvertement la venue d’un centre des loisirs. La fabrique, mise au courant du projet, accepte de donner son terrain situé derrière l’église. Avec l’aide de la municipalité, une corporation est créée et un édifice est bâti. Le centre sera vite envahi par un grand nombre d’usagers. La salle de quilles, située au sous-sol de l’édifice, attire à elle seule plusieurs personnes. Après quelques années, le centre perd de son lustre. Son achalandage diminue. La fabrique loue finalement le centre de loisirs à la Commission scolaire. Celle-ci en deviendra par la suite propriétaire.

Sports

image Hockey, Collège St-Louis, début 20ePendant tout ce temps, le sport prend de plus en plus d’importance dans la vie des gens de Terrebonne. Différentes équipes s’affrontent lors des parties de baseball ou de joutes de hockey. Durant l’hiver, la patinoire sert également de divertissement. Les écoles privilégient les sports. C’est en 1940 que pour la première fois le conseil s’intéresse réellement aux loisirs des jeunes pendant les vacances estivales. Il demande à la Commission scolaire de mettre à la disposition des enfants son terrain de jeux de la rue St-Pierre. Avec le temps, la ville équipera les cours d’école de terrains de jeux. Elle le fera par le biais de l’Organisation sportive de Terrebonne qui deviendra plus tard l’Oeuvre des terrains de jeux.

Du côté sportif, Terrebonne fait bonne figure. Une équipe de hockey joint les rangs d’une ligue intermunicipale. Quelques conseillers en font tour à tour partie. Pour le plaisir des amateurs de patinage, une patinoire est installée dans la cours de l’ancien Collège St-Louis. Léon Martel, qui est maire de 1955-1965, s’implique fortement dans le sport amateur. Il occupe à plusieurs reprises le poste d’entraîneur de l’équipe de hockey. Il prend également sous son aille la fameuse équipe de baseball de la ligue junior majeure du Québec, les Blue Caps de Terrebonne. Martel est à l’origine du nouveau terrain de jeux du Centre civique et de son éclairage.
image aigles (Hockey)
image Hockey 1950
image Blue Caps (Basseball)

Société
L’hôtel de ville, un lieu de rassemblement

image du 1er hôtel de ville Avec l’arrivée du nouvel hôtel de ville, en 1890, les différents organismes de la municipalité sont autorisés à faire usage de l’hôtel de ville pour fins religieuses, d’éducation ou de charité. Suite à cette annonce, les demandes d’utilisation des locaux de l’hôtel de ville sont en hausse constante. À la première séance de juillet 1902, l’Association Athlétique de Terrebonne demande l’usage gratuit de la salle pour ses représentations, ce qu’elle obtiendra. Peu de temps après, nous constatons que la grande salle est empruntée pour y tenir une soirée dansante. En échange, les locataires doivent laver la salle, la chauffer à leurs frais et se porter responsables de tout dommage. Il n’y a pas que l’hôtel de ville qui héberge les organismes. Durant la saison d’hiver 1906, la salle de police est mise à la disposition de l’Union Musicale de Terrebonne pour ses exercices.

Fin octobre 1931, la construction du nouvel hôtel de ville est terminée. Nombreuses sont les demandes de location. J. Ernest Poitras loue la salle du bas pour y présenter des vues animées. Ce sera le cinéma de Terrebonne pendant plus de 15 ans. La paroisse de St-Louis de Terrebonne retient également un local pour ses assemblées publiques.

Les pratiques de location de l’hôtel de ville changent en 1949. Il est résolu que le hall du haut ainsi que la salle du conseil «ne seront plus loués à des particuliers pour des fins de bénéfices personnels, pour des soirées récréatives payantes, danses, etc. ». Cette décision est prise après que des dommages à l’édifice aient été constatés. Le problème résulte des séances de lutte qui ont été données dans la salle supérieure de l’hôtel de ville. Les différentes prouesses des lutteurs ont craquelé et même fait tomber de larges plaques de plâtre au rez-de-chaussée.

image Hôtel de ville [BNQ] Cependant, les organisations locales auront droit à une permission spéciale. Ainsi, le Cercle Lacordaire et Sainte-Jeanne-D’Arc, qui luttent contre l’alcoolisme, la Chambre de Commerce des Jeunes, les Chevaliers de Colomb, l’Association Sportive de Terrebonne, la Confrérie des Dames de Sainte-Anne, les Enfants de Marie, la Ligue du Sacré-Cœur, le Tiers-Ordre, le Comité d’Action Catholique, la Jeunesse Ouvrière Catholique ou tout autre organisme qui œuvre pour des fins charitables, éducatives, sportives et ou patriotiques pourront emprunter une salle.

Les organismes

Au mois de juillet 1909, la somme de 40$ est accordée à l’Union Musicale de St-Louis de Terrebonne pour la réparation et l’achat d’instruments de musique. Deux ans plus tard, un groupe de citoyens éminents se réunit et demande, par une requête au conseil, de se former en «club dans un but de récréation et d’instruction pour l’esprit et de délassement pour le corps ». Ce club se nomme Club de Terrebonne. Une autre requête est également formulée pour que le Club Libéral de Terrebonne soit officiellement reconnu. En 1918, le premier permis d’exploitation d’une salle de billard et de «pool » est accordé.

En 1919, le conseil autorise la formation du Cercle St-Louis «dans un but de récréation, d’instruction pour l’esprit et de délassement pour le corps ». Après quelques années d’inactivité, l’Union Musicale de Terrebonne renaît et demande une subvention à la ville. Pour ajouter du poids à sa requête, le groupe de musiciens exécute de «jolis morceaux » lors d’une séance du conseil. Une subvention de 100$ leur est allouée, à condition que les instruments de musique soient cédés à la ville s’il y a dissolution du groupe.

image Fanfare 1921Pendant toutes ces années, les tombolas et enchères sont choses fréquentes. Chaque été, diverses organisations font des activités bénéfice. C’est ainsi que les Dames Patronnesses, les Enfants de Marie, les Dames de Ste-Anne et plus tard les Chevaliers de Colomb et les Filles d’Isabelle érigent, face à l’église, des kiosques de tous styles. De plus, deux à trois fois par été, des soirées d’amateurs sont organisées. Ce type de représentation attire les foules.

Les grandes guerres
Honneur aux anciens combattants
image Monument île moulinsTrois ans après la fin de la première guerre mondiale, un comité du monument est créé par certains habitants de la ville. Le but premier est de commémorer les soldats qui ont participé à la Grande Guerre de 1914-19. Des concerts et souscriptions de toutes sortes ont lieu pour amasser des fonds afin de réaliser ce projet. La ville y participe de plusieurs manières. Elle finance une partie des coûts du monument, prête la grande salle de l’hôtel de ville, son équipement et autorise le choix d’un endroit public pour l’érection de ce monument. Le 24 juin 1922 est déclaré fête civique. Ce jour-là, la ville va jusqu’à verser les recettes du pont au comité. Le monument en l’honneur des combattants se retrouve à l’entrée de l’Île des Moulins peu de temps après. Cette même année, Terrebonne sera victime d’un gigantesque incendie.

La Deuxième Guerre Mondiale
La Deuxième Guerre Mondiale éclate en 1939. Le Canada, directement impliqué, demande aux maires du pays de faire la lecture d’une proclamation qui appelle aux armes les volontaires. Cette lecture est faite dans le kiosque du parc Masson. Peu de temps après, une loi oblige tous les Canadiens à s’enregistrer. Les personnes aptes sont obligées de participer aux combats. Suite à cette décision du Premier ministre Mackenzie King, le conseil vote unanimement la Résolution contre la conscription pour service outre-mer. Alors que la guerre tire à sa fin, le conseil propose une nouvelle résolution. Celle-ci vient en opposition au projet d’accueillir des réfugiés européens au Canada. Il faut comprendre que Terrebonne n’est pas la seule municipalité à protester contre l’émigration européenne. Les gens sont peu et mal informés. Ils ne savent pas nécessairement que des centaines de milliers de Juifs ont été tués. La peur du communisme, qui est également omniprésente dans la population, explique en partie ce geste.

Travailler le dimanche, un manquement à l’Église
image Église cotéLes services publics (égouts, eau potable, service d’incendies) ont toujours été importants en politique municipale. Voilà pourquoi le nouveau conseil décide dès 1858 de mettre en branle un projet d’envergure, soit d’établir des canaux d’égouts et d’aqueduc dans la Base-Ville. Un emprunt extraordinaire de 10 000$ est fait pour la réalisation de ces travaux. Au mois de mars 1861, une somme de 2000 piastres est offerte à M. Joseph Forget pour l’achat de son réseau d’aqueduc. L’année suivante, les systèmes d’égouts et d’aqueduc sont améliorés. Il faut attendre à 1882 pour que de nouvelles améliorations soient apportées à l’aqueduc. Il est alors prolongé jusqu’à une source d’eau située sur le Grand Coteau. Afin que l’alimentation soit plus rapide, une pompe hydraulique, située dans les moulins Masson, est également en fonction. Intéressés par cet aqueduc de qualité, des résidents de St-François-de-Sales proposent l’année suivante au conseil de prolonger l’aqueduc au travers de la rivière Jésus. Ils attendront près de 50 ans avant que ce projet ne devienne réalité.

Les années de crise

Malgré les apparences, cette époque en est une de misère à Terrebonne. Souvent les familles n’ont pas eu le temps de se rétablir du grand incendie de 1922. Les dettes se sont accumulées. Nombreuses sont les familles qui doivent vendre leur demeure pour éponger une partie de leurs dettes. Des enfants font la file pour recueillir les restes de repas des pensionnaires du collège St-Louis. Les salaires sont réduits. C’est la crise ! Comble de malheur, les grands travaux publics, qui permettent de faire vivre un certain nombre de familles, se terminent les uns à la suite des autres. En 1934, il est demandé au Comité de secours contre le Chômage à Québec, de dépenser de 300 à 500$ pour nourrir les familles des sans-travail. Avec ces montants d’argent, ce sont plus de 300 personnes qui reçoivent le strict nécessaire. La St-Vincent-de-Paul est également importante dans le soutien aux plus démunis.

Constatant que la crise ne semble pas s’estomper, une longue résolution du conseil municipal encourage le retour à la terre pour les fils de cultivateurs et les jeunes sans travail. Un comité est formé à la demande du Service de Retour à la Terre du Ministère de la Colonisation. Ce comité doit «s’enquérir des sujets les plus aptes à être établis sur des lots de colonisation ». Déjà deux familles avaient quitté Terrebonne pour aller s’établir sur de nouvelles zones de colonisation. Des jeunes qui sont recrutés, plusieurs reviennent des lieux de colonisation après quelques semaines.

Le centre municipal
Devenue propriétaire de l’ancien Collège St-Louis, la ville baptise cet immeuble Centre civique. Les locaux sont loués ou prêtés à différents organismes. La Chambre de Commerce des Jeunes est particulièrement active. En 1951, elle fonde la première bibliothèque municipale de Terrebonne et s’occupe de sa gestion. La bibliothèque trouve refuge au Centre civique. Elle déménagera en 1962 sur la rue St-Louis, dans l’ancien bureau de poste. Suite à l’achat des terrains de l’ancien Collège St-Louis, les membres du conseil prennent la décision de construire un terrain de jeux ou se retrouveront piscine, barboteuse, terrain de baseball et court de tennis. Quelques jeux seront ajoutés par la suite.
image de la Piscine
image du Centre civique

Les parcs publics

image Parc MassonÀ la séance du 10 mars 1911, la ville achète le parc Masson qui est alors la propriété de la succession de l’honorable L. R. Masson. Le parc est vendu conditionnellement à ce qu’il soit uniquement utilisé à des fins municipales. Deux autres petits parcs publics, le parc face à l’hôtel de ville (Vitré) et le parc Desjardins, sont embellis à l’aide de fleurs, bancs et promenades. En 1960, c’est au tour du parc Masson de subir une cure de rajeunissement. Les kiosques sont rafraîchis, les talus sont refaits, des sentiers sont aménagés, les berges sont empierrées, des clôtures métalliques sont érigées et un nouvel éclairage donne une nouvelle vie à ce site. Le Monument des Braves et les deux canons qui le flanquent sont transportés au bas du parc Masson.

Fait cocasse, en 1962, les conseillers décident d’acheter 18 canards afin d’enjoliver l’étang de l’Île des Moulins. De nos jours, des canards sont toujours présents sur l’étang. Avec les nouveaux développements immobiliers, le conseil prend une décision que les générations futures apprécieront. Dès 1963, les propriétaires qui subdivisent leurs terres pour fin de développement résidentiel devront céder 15% du territoire à la ville. Ce terrain sera réservé à la construction d’un parc.

 

~ Annexe ~