A V R I L
celui-là  il ne sait jamais  ce qu'il veut





 
Où vont
    ces glaces
        à la dérive ?

 

Mois de fonte, de vent
où l'eau court librement hors des lits
emportant parfois
routes et sommeils

Avril fébrile
nous inonde de ses sautes d'humeurs
tantôt rieur
parfois alarmant avec ses pluies
à faire sauter les barrages

Avril tranquille
l'entre-deux
une note en contre-basse
un temps d'impatience

un temps d'inconfort
où l'immobilité dérange
laissant chacun seul
devant son jardin à cultiver.


 

les lacs redeviennent liquide !


Avril
  


 
Je ne vous prévois plus
Je ne suis plus enchaînée de colères
Je ne vous suis plus humiliée
J’explore mon plaisir attentif
interminablement éloigné des oxymores
J’entre à la déchirure des forêts

ça cogne aussi
plus en errance que ça n’a jamais battu
la nappe des points électriques mon eau de pluie
ça cogne
malgré toute confrontation stylisée
entre la cime et la mousse
entre tes lèvres et moi
entre moi et ma vérité
- tout ça pour quelques poignées d’humus à retourner demain avec la terre-

enfin
je marche enfin
jusqu’à tes failles où s’arrêtent les sources
et me dissoudre un carré vert dans les nuages
et que tu viennes enfin
là où on peut traverser


 
(Isabelle Servant)
 


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Mai

avril  2005t 

C A L E N D R I E R