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Rapport final
Réponse à la découverte de cas d'influenza aviaire hautement pathogène (H7N3) en Saskatchewan en septembre 2007


Sommaire

  • Une exploitation contaminée par l'influenza aviaire a été détectée dans le sud de la Saskatchewan. Tous les oiseaux de l'élevage ont été abattus de façon intégrale et enfouis sur place, à la ferme de référence.
  • Au moment où elle faisait l'objet d'une enquête, la province de la Saskatchewan a été déclarée « région contrôlée » et des restrictions visant les déplacements ont été mises en place. En outre, une « zone infectée » d'un rayon de trois kilomètres et une « zone de restriction » d'un rayon de dix kilomètres ont été établies autour de l'exploitation de référence, et des contrôles des déplacements ont également été mis en place.
  • Des équipes spécialisées ont effectué un échantillonnage sur le terrain ainsi qu'une analyse détaillée de l'incident pour déterminer sa portée.
  • Les activités de surveillance n'ont relevé aucun autre cas d'influenza aviaire à déclaration obligatoire en Saskatchewan.
  • La région contrôlée a été révoquée le 30 octobre 2007, ce qui a éliminé toutes les restrictions imposées aux déplacements des oiseaux et des produits avicoles en Saskatchewan, à l'exception de l'établissement de référence. Les restrictions imposées à l'établissement de référence ont été levées le 18 janvier 2008 au terme du nettoyage et de la désinfection de ce dernier.
  • On croit que le virus a pu être introduit dans l'exploitation de référence par l'entremise d'oiseaux sauvages et être attribué à de l'eau potable contaminée puisée dans un étang artificiel située à proximité ou par le biais de travailleurs.

1.0 Industrie avicole en Saskatchewan

L'industrie avicole en Saskatchewan comprend 155 producteurs largement répartis à travers les 590 millions de kilomètres carrés que compte la région sud de la province. Certains producteurs d'oeufs de consommation se situent dans la partie sud-ouest de la province et certains producteurs de poulets de chair sont regroupés près de Saskatoon. Les régions situées autour de Saskatoon et près de Yorkton sont les seules où des exploitations avicoles sont situées à proximité les unes des autres.

Dans la province de la Saskatchewan, dix producteurs d'oeufs d'incubation de poulets de chair élèvent 162 000 oiseaux dans 49 poulaillers. Les fermes comprennent généralement des pondeuses de tout âge, des poulettes et des coqs. Des oiseaux de groupes d'âge différent peuvent partager un espace où ils respirent le même air ou être en contact étroit. La province compte deux couvoirs de poulets importants et un couvoir saisonnier.

Soixante-huit exploitations de poulets de chair enregistrées comptent un peu plus de 3,5 millions de poulets de chair parmi 210 poulaillers. La plupart des fermes exploitent plusieurs poulaillers. Toutefois, les troupeaux de volailles au sein d'une ferme donnée sont généralement du même âge, et il y a peu d'installations qui comptent des oiseaux d'âges multiples. La province a produit 38 millions de kilogrammes de viande ou de produits de poulet en 2006. Elle compte deux installations de transformation du poulet et la plus grande partie du produit est destinée à la consommation au Canada.

Il y a 64 exploitations enregistrées d'oeufs de consommation, la plupart faisant partie d'exploitations agricoles mixtes. Ces fermes comprennent environ 700 000 oiseaux. La province dispose d'une installation importante pour le classement des oeufs.

L'industrie de la dinde consiste en treize exploitations comptant environ 335 000 oiseaux. Un grand nombre d'entre eux sont transformés en Alberta ou au Manitoba, même si les deux transformateurs de la Saskatchewan ont la capacité d'abattre les dindes.

Actuellement, il n'y a pas d'éleveurs commerciaux de dindes ou de Leghorn, ni de canards ou d'oies en Saskatchewan.

À elle seule, la Saskatchewan est responsable de 3,6 pour 100 du total des recettes de la production de volailles et d'oeufs au Canada. Tout ce qui est produit en Saskatchewan est utilisé au sein de la province. C'est pour cette raison que l'une des mesures de contrôle initiales mise sur pied fût de déclarer toute la province comme étant une région contrôlée. De cette façon, le confinement a été facile à réaliser pendant que l'on procédait à d'autres vérifications et à une enquête épidémiologique en vue de mieux cerner la portée de l'incident.

2.0 Description des cas détectés dans l'exploitation de référence

Le 22 septembre 2007, une agrologue-conseil spécialisée en volailles qui effectuait une visite périodique d'un couvoir de poulets de chair dans la région de Regina Beach a remarqué une mortalité accrue dans un poulailler abritant des coqs âgés de 24 semaines (coqs à maturité sexuelle). Elle a transmis le rapport au vétérinaire-conseil spécialisé en volailles, qui s'est rendu sur les lieux le lendemain. Il a effectué une autopsie des oiseaux et noté des lésions laissant croire à la présence de l'influenza aviaire (IA). Selon le rapport, la mortalité au sein du troupeau de 390 coqs à maturité sexuelle était de 140 (36 pour 100) le 22 septembre 2007 et de 100 (40 pour 100) le 23 septembre 2007. Le vétérinaire a immédiatement informé l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) du fait qu'il soupçonnait la présence de l'influenza aviaire, comme l'exigeait l'article 5 de la Loi sur la santé des animaux.

Une équipe de diagnostic de l'ACIA s'est rendue sur les lieux le 23 septembre 2007, et des échantillons prélevés pour la détection du virus ont été transmis au laboratoire du Réseau national de laboratoires spécialisés dans le dépistage et la déclaration des cas d'influenza aviaire (RNL-IA) situé à Saskatoon, aux Prairie Diagnostic Services (PDS). Des échantillons prélevés pour la détection du virus et la sérologie ont également été transmis au Centre national des maladies animales exotiques (CNMAE) à Winnipeg. On a mis en quarantaine l'exploitation en attendant les résultats des laboratoires, et les déplacements de la volaille, de produits à base de volaille ou de choses exposées à la volaille ou aux produits de volaille ont été interdits.

Le CNMAE a confirmé la présence du virus de l'influenza du type A le 24 septembre 2007, et la réaction en chaîne de la polymérase avec transcription inverse en temps réel (RT-PCR) n'a pas détecté la présence de sous-types H5 ou H7. Les tests ont également donné des résultats négatifs pour la maladie de Newcastle, une autre maladie à déclaration obligatoire chez la volaille. La quarantaine est restée en vigueur pendant que l'on entreprenait des travaux de diagnostic supplémentaires ainsi qu'une enquête épidémiologique préliminaire.

Le 25 septembre 2007, un test génétique supplémentaire a permis de démontrer que le virus était du sous-type H7N3. Le virus a été isolé le 26 septembre 2007 à partir d'écouvillons et de tissus prélevés sur des coqs ayant atteint leur maturité sexuelle provenant du poulailler où la mortalité était élevée. On a déterminé qu'il s'agissait du virus de l'influenza du type A, et les résultats des tests RT-PCR se sont révélés négatifs pour les sous-types H5 et H7. Toutefois, des résultats négatifs pour le H5 mais positifs pour le H7 ont été obtenus avec les tests PCR conventionnels. En raison de la nature très variable du gène de l'hémagglutinine, il faudra une surveillance continuelle du déroulement des tests RT-PCR effectués en temps réel concernant les sous-types et l'hémagglutinine en vue d'éviter ou à tout le moins d'atténuer les problèmes de sensibilité réduite ou de faux résultats négatifs à l'avenir. La séquence génétique de l'isolat était conforme à celle d'un virus hautement pathogène. Le virus identifié n'était pas de la souche hautement pathogène H5N1 circulant en Asie.

L'ACIA a confirmé l'existence d'une flambée d'influenza aviaire à déclaration obligatoire hautement pathogène (IADOHP), et le bureau central de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a été avisé de cette découverte le 27 septembre 2007.

L'exploitation de référence était un couvoir de poulets de chair qui comptait environ 53 000 oiseaux d'âge différent répartis dans différents poulaillers. Il y avait deux troupeaux de pondeuses composés de 16 000 oiseaux âgés de 32 semaines logés dans deux poulaillers ainsi que 16 000 oiseaux âgés de 55 semaines également logés dans deux poulaillers. Seize mille poulettes âgées de dix semaines étaient logées dans trois poulaillers. Il y avait quatre troupeaux de coqs dans trois poulaillers; 782 coqs âgés d'une semaine et 780 coqs âgés de 17 semaines dans un poulailler divisé, 2 650 coqs âgés de dix semaines dans un poulailler et des coqs âgés de 24 semaines dans le poulailler affecté. Tous les oiseaux étaient logés dans des bâtiments clos.

Les 26 et 27 septembre 2007, un échantillonnage supplémentaire a été effectué à l'exploitation de référence. Les résultats des tests de laboratoire reçus le 28 septembre 2007 indiquaient que presque toutes les pondeuses de 32 à 55 semaines ayant fait l'objet de prélèvements avaient obtenu des résultats positifs à l'épreuve du dosage immunoenzymatique (ELISA), dépistage des anticorps dirigés contre le virus de l'influenza aviaire (VIA). Les résultats de l'épreuve de l'inhibition de l'hémagglutination (IH) reçus le 1er octobre 2007 ont révélé des titres très élevés chez ces oiseaux, ce qui pourrait indiquer que le VIA s'est propagé parmi ces oiseaux pendant une période indéterminée avant que la maladie soit décelée. Il s'agit peut-être d'une souche isolée à faible pathogénicité du virus de l'influenza aviaire à déclaration obligatoire hautement pathogène (H7N3). Une enquête plus approfondie sur cet aspect de la flambée est en cours.

D'après les échantillons de sang prélevés le 23 septembre 2007 sur des coqs atteints de la maladie, près de la moitié des oiseaux ont obtenu des résultats positifs à l'épreuve ELISA. L'épreuve de l'IH, moins sensible, ne révélait alors pas de titres. Selon les résultats des analyses réalisées le 25 septembre 2007, 18 échantillons sur 20 étaient positifs à l'épreuve ELISA et l'épreuve de l'IH présentait des titres pour 16 échantillons. Ces titres étaient inférieurs à ceux observés chez les pondeuses. Ces résultats concordent avec une éclosion récente du VIA.

Les gérants d'exploitations agricoles ont signalé que des coqs du poulailler affecté âgés de 24 semaines ont été déplacés le 13 septembre 2007 vers les deux poulaillers où étaient logées les pondeuses âgées de 55 semaines. Les 18 et 19 septembre 2007, d'autres coqs du poulailler affecté avaient été placés dans les deux poulaillers abritant les pondeuses âgées de 32 semaines. Les coqs ont été les premiers à présenter des signes cliniques et une mortalité accrue, dès le 22 septembre 2007, puis les pondeuses âgées de 32 semaines ont présenté les mêmes signes cliniques et une mortalité accrue, avant l'abattage du 28 septembre 2007. Les pondeuses âgées de 55 semaines paraissaient alors en santé.

Il est possible qu'une souche à faible pathogénicité du virus H7N3 ait circulé parmi les groupes de pondeuses avant le 13 septembre 2007. Il est possible que le VIA ait été introduit dans le poulailler par le personnel ou du matériel contaminé lors du déplacement des coqs vers les poulaillers abritant les troupeaux de pondeuses plus âgées. Il semblerait qu'entre le 13 et le 18 septembre 2007, le virus de l'influenza aviaire à faible pathogénicité (LPAI) se soit propagé dans le poulailler de coqs et qu'il soit devenu hautement pathogène, situation constatée dès le 22 septembre 2007. Le virus de l' IADOHP a peut-être été introduit dans les poulaillers abritant les troupeaux moins âgés lors du transfert de coqs les 18 et 19 septembre 2007. Ces troupeaux ont commencé à présenter des signes de l' IADOHP le 27 septembre.

3.0 Mesures de lutte contre la maladie

Les mesures adoptées par l'ACIA pour lutter contre la maladie reposaient sur quatre grands principes :

  • détecter rapidement les nouveaux troupeaux infectés (surveillance);
  • freiner la propagation de la maladie en limitant les déplacements, en procédant promptement à l'abattage des troupeaux infectés et en éliminant par prévention les troupeaux commerciaux de volailles situés dans un périmètre d'un kilomètre de l'installation infectée;
  • contrôler les déplacements et exercer une surveillance des troupeaux à risque élevé de contact et des troupeaux situés à proximité (dans un rayon de 3 km et de 10 km respectivement); et
  • empêcher la réinfection par le bioconfinement efficace des matières infectieuses (carcasses, fumier et nourriture).

3.1 Hypothèses de travail sur la source et la transmission de la maladie

On sait maintenant avec certitude que les oiseaux sauvages, et notamment les oiseaux aquatiques, agissent comme réservoirs du virus de l'influenza aviaire et qu'ils peuvent constituer la source initiale d'infection des oiseaux de basse-cour, par suite d'un contact direct ou de la contamination des aliments et de l'eau. La Saskatchewan est située au centre des Prairies de l'Ouest canadien, entre deux importantes voies migratoires, soit la Centrale et la Mississippi.

Le Centre canadien coopératif de la santé de la faune (CCCSF) coordonne la surveillance du VIA chez les oiseaux sauvages du Canada. Les oiseaux sauvages retrouvés morts (spécimens morts) et les espèces ciblées récupérées vivantes sont soumis à des tests de PCR matricielle pour le VIA, puis le typage des souches est réalisé. En 2005 et en 2006, aucune souche H7 n'a été repérée chez les oiseaux sauvages testés. En date du 11 février 2008, au total, 397 spécimens retrouvés morts en Saskatchewan, 11 en l'Alberta et 1 au Manitoba avaient obtenu des résultats négatifs pour le VIA. Un test effectué sur un oiseau sauvage mort en Saskatchewan s'était avéré positif. Les échantillons prélevés sur 1 400 oiseaux vivants de la Saskatchewan ont révélé 244 cas positifs au VIA d'après le test de PCR matricielle. Au Manitoba, 79 oiseaux ont obtenu des résultats positifs sur 765 ayant fait l'objet de prélèvements et, en Alberta, 844 oiseaux ont été soumis à des tests et 131 d'entre eux ont obtenu des résultats positifs. La souche type pour ces résultats positifs n'a pas été indiquée.

Aux États-Unis, les rapports sur la surveillance nationale de l'influenza aviaire du 7 février 2008 affichés sur le Web indiquaient que 3 483 oiseaux ayant fait l'objet de prélèvements dans le Dakota du Nord cette année et 2 000 dans le Montana ne présentaient pas de signe de H5N1. Aucun détail supplémentaire n'était fourni. Selon des communications personnelles avec le Service de géologie des États-Unis, 18 échantillons présentaient des sous-types du H7N3 en 2006.

Les virus faiblement pathogènes peuvent devenir virulents avec le temps, en raison d'une dérive antigénique (petites mutations) ou d'un changement antigénique (changements génétiques plus importants). Comme elle est très contagieuse, la maladie se propage rapidement dans les troupeaux de volailles confinés. Le virus se situe en concentrations élevées dans les voies respiratoires et le tube digestif des oiseaux infectés. Chaque gramme de matières fécales des oiseaux infectés peut contenir jusqu'à 16 x 106 virions/g, et un gramme est suffisant pour infecter un million d'oiseaux.

L'installation infectée se situe dans une grande région de reproduction d'oiseaux sauvages reliée aux voies migratoires Centrale et Mississippi et à moins de 10 km d'une vaste étendue d'eau douce et d'une lagune. De plus, l'installation abrite un étang artificiel servant de source d'eau douce secondaire pour la volaille. Le virus de l'influenza peut avoir été introduit par l'eau contaminée de l'étang artificiel, par les travailleurs de l'exploitation ou par des animaux sauvages.

3.1.1 Traçabilité

Conformément au Plan relatif au risque spécifique que pose l'influenza aviaire à déclaration obligatoire de l'ACIA et au Code sanitaire pour les animaux terrestres de l'OIE (2007), on a entrepris la traçabilité de la volaille, des produits de la volaille et des objets exposés à la volaille et aux produits de la volaille, à l'intérieur ou à l'extérieur de l'installation infectée, pendant les 21 jours précédant l'apparition de signes cliniques de l'influenza aviaire. Cette mesure avait pour but de déterminer toute installation risquant d'avoir été contaminée par l'IA par l'exploitation de référence ainsi que toute source potentielle d'introduction du virus.

Des activités de traçabilité ont été entreprises pour les éléments suivants :

  1. Un fournisseur de services non gouvernemental de Regina (Saskatchewan) a envoyé des équipes de vaccination à l'exploitation de référence. Ces équipes regroupent des personnes qui se présentent chaque jour au travail. Elles sont souvent de passage et leurs déplacements sont difficilement quantifiables. Les troupeaux ont été vaccinés les 18, 19 et 20 septembre 2007. Les équipes comptaient 14 membres chaque jour. Bon nombre de ces employés se sont présentés au travail à plusieurs reprises. Au total, vingt membres du personnel étaient présents sur les lieux.

    Le fournisseur de services sociaux non gouvernemental a fourni le nom des membres des équipes de vaccination à l'ACIA. Les membres ont été invités à remplir un questionnaire afin de déterminer s'ils représentaient une source éventuelle d'introduction du virus et s'ils étaient par la suite entrés en contact avec d'autres exploitations avicoles.

    L'entreprise a également fourni des services de manutention des poulettes à une exploitation commerciale d'élevage de poulettes, le 14 septembre 2007. Quatre membres de cette équipe faisaient aussi partie de l'équipe de vaccination affectée à l'installation contaminée. Les poulettes ont été transportées vers une exploitation commerciale d'élevage de pondeuses d'oeufs de consommation dans la région centre-est de la Saskatchewan. Ces poulettes ont subi des tests dans le cadre du programme de surveillance de la zone de sécurité, et l'ensemble des échantillons prélevés du troupeau était négatif. Les poulaillers de l'exploitation d'élevage de poulettes ont fait l'objet d'une opération de nettoyage et de désinfection, comme il était d'usage avant la préparation des poulettes pour un nouveau cycle de production. D'après l'évaluation épidémiologique, cette exploitation n'est pas la source de l'IA.

  2. Le propriétaire de l'exploitation infectée a été interrogé au moyen du questionnaire de l'Enquête épidémiologique élargie (Partie H) du Questionnaire d'enquête sur les lieux en cas de maladies aviaires de l'ACIA. Aucune violation de la biosécurité par le personnel n'a été signalée. Les huit employés de l'exploitation ont également répondu à un questionnaire afin de confirmer le rapport du propriétaire et de s'assurer qu'aucune autre source de risque potentielle n'avait été omise lors de la première entrevue. Le risque d'introduction du VIA par une autre exploitation de volailles, par le personnel de l'exploitation, a été jugé négligeable.
  3. Depuis 22 ans, une seule entreprise de la Saskatchewan approvisionne l'installation infectée en nourriture pour animaux. Ce fabricant d'aliments pour animaux n'a pas d'autre client commercial d'élevage de volailles. Le camion transportant les aliments vers l'exploitation de référence n'est soumis à aucune procédure de nettoyage et de désinfection. Entre le 1er et le 24 septembre 2007, ce camion s'est rendu dans 23 installations (y compris 6 livraisons effectuées à l'exploitation de référence). Nous avons téléphoné à l'ensemble des producteurs et tous ont confirmé l'absence de volaille au sein de leur installation.

    La fabrique d'aliments pour animaux a été inspectée, et ses processus et procédures écrites ont été examinés. La contamination pourrait avoir eu lieu lors de la réception d'ingrédients; nous avons observé des oiseaux, des plumes et des excréments dans la zone de réception. Les pelletiseurs fonctionnent à au moins 55 degrées celsius, température suffisante pour tuer le VIA si les ingrédients des aliments étaient contaminés. Les procédures visant la zone de déchargement limitent l'accès des oiseaux, et cette zone ne semblait pas présenter de risque de contamination. Le risque que les aliments soient la source du VIA est négligeable.

  4. Le moyen de transport utilisé pour ramasser les oeufs au couvoir de référence est assigné à l'exploitation de référence deux jours par semaine. L'exploitation produit suffisamment d'oeufs pour remplir le camion à pleine capacité lors de chaque cueillette. Le camion se rend donc directement du couvoir à l'exploitation agricole et vice-versa. La politique en matière de biosécurité dans le couvoir de l'exploitation est détaillée. Le camion est soumis à un processus de nettoyage et de désinfection des roues et des cages de roues chaque fois qu'il entre dans une exploitation agricole ou qu'il en sort, puis il est entièrement nettoyé et désinfecté après chaque déchargement au couvoir. Un transpalette accompagne le camion afin d'organiser les palettes dans le camion après leur chargement à l'exploitation agricole. Il ne quitte généralement pas le camion, mais le cas échéant, il est désinfecté avant d'être replacé dans le camion. Les conducteurs portent des combinaisons, des gants et des couvre-chaussures propres pour chaque entrée dans un lieu. Le couvoir dispose de registres qui permettent de documenter ces protocoles.

    On utilise des plateaux en plastique réutilisables pour les oeufs et les poulets ainsi que de nouvelles feuilles de papier pour les poulets. Une procédure complète de nettoyage et de désinfection est en vigueur. Elle comprend notamment une étape d'assurance de la qualité. D'après le registre, les procédures ont été respectées. À l'occasion, le couvoir reçoit des oeufs d'incubation des États-Unis expédiés dans des boîtes en carton. Les oeufs sont placés dans des supports en papier ou en carton. Les supports et les boîtes ne sont pas réutilisés dans le couvoir : ils sont recyclés. L'exploitation de référence n'a reçu aucune boîte en carton en provenance des États-Unis.

  5. La région sous restriction compte une seule exploitation commerciale (rayon de 10 km autour de l'installation infectée). Le Questionnaire d'enquête sur les lieux en cas de maladies aviaires a été rempli afin que l'on puisse déterminer tout point commun de contact entre ces installations, mais rien n'a été signalé.
  6. L'exploitation agricole infectée a reçu la visite de membres du personnel de vulgarisation en aviculture très peu de temps avant la détection de l'influenza aviaire. Ils ont appliqué des procédures acceptables de biosécurité, notamment le nettoyage complet des véhicules, des vêtements et du matériel avant et après la visite de l'exploitation agricole. Il est peu probable que ces employés aient introduit le virus transmis.

3.2 Restrictions visant les déplacements

Les déplacements de la volaille, de produits de la volaille et d'objets exposés à la volaille ou aux produits de la volaille de l'exploitation infectée ont été limités par une mise en quarantaine de l'ACIA. Seuls les déplacements autorisés du matériel et des véhicules étaient autorisés, après l'application surveillée des procédures de nettoyage et de désinfection.

Le 28 septembre 2007, le ministère de l'Agriculture a désigné la province de la Saskatchewan comme étant la zone de contrôle en vertu de la Loi sur la santé des animaux. Aucun oiseau vivant ni aucun oeuf d'incubation n'a été autorisé à quitter la province. La viande de volailles et les oeufs de consommation inspectés à l'échelle fédérale devaient obtenir un permis de l'ACIA pour quitter la province. Le déplacement des oiseaux de compagnie à l'extérieur de la province a fait l'objet d'une évaluation vétérinaire et de consultations avec l'ACIA.

En Saskatchewan, des permis de l'ACIA étaient requis pour le déplacement des oiseaux et des produits de volailles (fumier, litières, plumes et viande ou oeufs) à l'intérieur ou à l'extérieur de la zone de restriction (rayon de 10 km de l'exploitation agricole infectée). Aucun oiseau vivant ne pouvait pénétrer dans la région infectée (rayon de 3 km de l'exploitation agricole infectée) et des permis de l'ACIA étaient requis pour tout déplacement d'oiseaux ou de produits de volailles (mentionnés ci-haut) à l'intérieur ou à l'extérieur de la région infectée. Les autres déplacements ne faisaient pas l'objet de mesures de restriction.

Le déplacement de produits de volailles et d'oeufs de consommation en provenance de l'extérieur de la Saskatchewan transitant par la province ne faisait pas l'objet d'une restriction. Le transbordement d'oiseaux vivants et d'oeufs d'incubation était régi par un permis de l'ACIA. Aucune restriction ne s'appliquait au déplacement de produits de volailles ou d'oeufs achetés dans les épiceries.

Le ministère de l'Agriculture a révoqué la zone contrôlée, le 30 octobre 2007, ce qui a éliminé toutes les restrictions imposées aux déplacements des oiseaux et de leurs produits en Saskatchewan, à l'exception de l'exploitation de référence, qui est restée en quarantaine en attendant la fin du nettoyage et de la désinfection.

3.3 Surveillance

Les activités de surveillance ont été réalisées comme suit pour chaque région. Aucune exploitation agricole n'a été désignée comme présentant un risque élevé de contact ou comme une exploitation suspecte. Le cas échéant, les exploitations suspectes auraient fait l'objet d'analyses effectuées dans le cadre de l'enquête.

3.3.1 Analyses effectuées dans le cadre de l'enquête

Ce protocole a été conçu pour répondre à tout soupçon concernant la présence de maladie dans une exploitation donnée (p. ex. maladie suspecte ou risque élevé de contact). Pour qu'un troupeau soit considéré négatif, il faut que les résultats soient négatifs pour un échantillon de prélèvements oropharyngés et cloacaux provenant d'au moins 60 oiseaux par poulailler (intervalle de confiance de 95 pour 100 dans la détection de l'influenza A, lorsque la prévalence de la maladie est supérieure à 5 pour 100), et ce, pour tous les poulaillers de l'exploitation et l'installation suspecte doit faire l'objet d'une évaluation épidémiologique. Aucune installation suspecte n'a été désignée.

3.3.2 Surveillance à l'intérieur de la région infectée (3 km)

Toutes les fermes avicoles de la région infectée ont fait l'objet d'une surveillance qui comprenait l'envoi d'échantillons oropharyngés et cloacaux prélevés par écouvillonnage sur au moins 60 oiseaux de chaque poulailler (détection de l'influenza A selon un taux de confiance de 95 pour 100 si le taux de prévalence était d'au moins 5 pour 100 au sein du poulailler) et des prélèvements sériques chez 20 oiseaux par poulailler (détection de l'influenza A selon un taux de confiance de 95 pour 100 si le taux de prévalence était d'au moins 15 pour 100). Dans les petits élevages non commerciaux, comptant moins d'oiseaux que le nombre indiqué, l'ensemble des oiseaux ont fait l'objet de prélèvements. D'autres prélèvements ont été faits chaque semaine pendant que la zone de contrôle était en vigueur. De plus, le propriétaire devait remplir un questionnaire hebdomadaire sur la santé du troupeau et l'envoyer par télécopie au Centre régional des opérations d'urgence de la Saskatchewan (CROU).

La région infectée comptait six petits troupeaux non commerciaux qui ont tous présenté des résultats négatifs au dépistage sérologique et aux prélèvements hebdomadaires pendant quatre semaines.

3.3.3 Surveillance à l'intérieur de la zone de restriction (10 km)

Dans la zone de restriction, les éleveurs commerciaux devaient remplir le questionnaire épidémiologique et se soumettre au dépistage complet de leur troupeau, décrit ci-haut, pendant la semaine suivant la détection de l'influenza aviaire. Une seule exploitation commerciale était touchée par ces mesures. Elle a obtenu des résultats négatifs à l'évaluation épidémiologique et à l'enquête menée sur le troupeau.

La surveillance des oiseaux morts a également été entreprise à l'établissement. Au moins cinq oiseaux, morts ou sacrifiés par le propriétaire si aucun spécimen mort n'était disponible, étaient laissés, une fois par semaine, dans des bacs désignés à l'entrée de la ferme. L'ACIA procédait à l'écouvillonnage des oiseaux, et les carcasses étaient éliminées par le propriétaire. Cette méthode s'était avérée efficace pour la détection précoce de l'influenza aviaire durant l'éclosion de 2004 en Colombie-Britannique.

Dans la zone de restriction, un permis était requis pour déplacer des oiseaux vivants ou des produits. Afin de délivrer un permis de déplacement d'oeufs à un poste de classement, des résultats négatifs devaient être obtenus lors du dépistage réalisé la semaine précédente. Cette exigence touchait une exploitation non commerciale, ainsi que l'exploitation susmentionnée de la zone de restriction. Il fallait obtenir des résultats négatifs au dépistage réalisé dans les 48 heures pour pouvoir déplacer des poulets de chair vers l'abattoir, mais la région n'en comptait pas.

D'après les observations recueillies durant l'éclosion de 2004 en Colombie-Britannique, les petites exploitations avicoles non commerciales ont été jugées à faible risque et ont été exclues de la surveillance systématique dans la zone de restriction. Les cas de maladie signalés par les exploitants non commerciaux auraient fait l'objet d'une enquête, et des analyses auraient été effectuées pour déterminer si le virus de l'influenza aviaire était présent. Aucune enquête n'a été entamée, et aucun résultat positif n'a été obtenu pour les petites exploitations non commerciales.

3.3.4 Surveillance à l'intérieur de la zone de sécurité (zone contrôlée)

Dans la zone de sécurité (portion de la zone de contrôle située hors de la région de restriction), les activités de surveillance visaient à accroître les perspectives de détection du virus, dans le respect des recommandations de l'OIE. Les protocoles assuraient également le prélèvement rapide, conforme et fiable d'échantillons et de données sur les troupeaux par une sérosurveillance de l'exploitation agricole afin de prouver que celle-ci est exempte du virus. Ces renseignements ont permis de justifier la décision de révoquer la déclaration de la zone de contrôle, le 30 octobre 2007.

Le CROU de la Saskatchewan a accru la surveillance passive par la distribution d'outils de communication aux représentants de l'industrie afin de sensibiliser les producteurs et les encourager à déclarer tout cas suspect. De plus, le Prairie Diagnostic Services (PDS) a soumis les prélèvements de volailles non diagnostiqués à une épreuve PCR matricielle pour l'influenza A. Dans le cadre de l'enquête, des analyses auraient été menées sur toutes les exploitations agricoles suspectes, mais aucun cas n'a été signalé.

Le CROU de la Saskatchewan a prescrit la sérosurveillance active du secteur des couvoirs de poulets de chair de la zone de sécurité. Les exploitations oeuvrant dans ce domaine ont fait l'objet de prélèvements par l'entremise d'une méthode à deux niveaux. Dans trois installations liées sur le plan épidémiologique à l'installation infectée par le partage d'un couvoir, 30 échantillons de chaque poulailler ont été prélevés. Dans les autres installations, 30 échantillons ont été prélevés par poulailler qui abritait les oiseaux appartenant au troupeau le plus âgé de l'installation. Les résultats de cette surveillance ciblée des troupeaux présentant un risque élevé se sont révélés négatifs pour l'influenza aviaire à déclaration obligatoire.

Dans la zone de sécurité, la sérosurveillance active du secteur des pondeuses d'oeufs de consommation a été entreprise au moyen d'un échantillon de 25 troupeaux. Les troupeaux ont été choisis selon l'âge. Des échantillons de 30 oiseaux ont été prélevés dans chaque poulailler abritant les oiseaux appartenant au troupeau le plus âgé de l'installation. Il s'agissait là encore d'une surveillance ciblant les troupeaux présentant un risque accru. Grâce à l'échantillonnage de 25 exploitations productrices de pondeuses d'oeufs de consommation (sur un total de 64 exploitations), on établit à 95 pour 100 la probabilité de détection des exploitations agricoles infectées si plus de 10 pour 100 des exploitations sont contaminées. Le secteur des pondeuses d'oeufs de consommation ne présente pas un risque élevé. Les exploitations agricoles sélectionnées ont obtenu des résultats négatifs à l'égard de l'influenza aviaire à déclaration obligatoire.

Dans la zone de sécurité, la sérosurveillance active du secteur des poulets à griller a été réalisée sur un groupe de troupeaux admissibles. Étaient admissibles les oiseaux aptes à compléter les tests et recevoir les résultats avant l'abattage prévu. En raison de la difficulté à obtenir un volume de sang suffisant chez de jeunes oiseaux, ces derniers devaient être âgés d'au moins 4 semaines. Les exploitations de poulets à griller admissibles (18 sur 68 exploitations) ont obtenu des résultats négatifs. Ce secteur ne présente pas un risque élevé.

Dans la zone de sécurité, la sérosurveillance active du secteur de la dinde a été réalisée dans des exploitations d'élevage de dindes. Des échantillons ont été prélevés sur 30 oiseaux d'un poulailler de l'installation choisi au hasard. Ce secteur ne présente pas un risque élevé. Les échantillons ont obtenu des résultats négatifs à l'égard de l'influenza aviaire à déclaration obligatoire.

Pour chaque poulailler sélectionné, l'échantillonnage de 30 oiseaux établissait à 95 pour 100 la probabilité de détection de la séroconversion lorsque la prévalence était d'au moins 5 pour 100 au sein du poulailler. L'influenza aviaire est hautement contagieuse et la prévalence dans un poulailler infecté devrait rapidement dépasser les 5 pour 100.

3.4 Destruction

L'ACIA exige le recours à des méthodes sans cruauté pour l'abattage des troupeaux, conformément aux recommandations de l'OIE et de l'American Veterinary Medical Association. Les oiseaux ont été éliminés sur les lieux de l'installation infectée, par inhalation de CO2. L'euthanasie a commencé le 28 septembre 2007, et tous les oiseaux étaient morts deux jours plus tard. Les responsables d'organismes veillant au bien-être des animaux ont été invités à assister à l'abattage.

3.5 Activités d'élimination

Les carcasses d'oiseaux de l'exploitation agricole infectée ont été éliminées par enfouissement en profondeur. Le site d'enfouissement a été choisi et évalué en consultation avec les responsables agricoles et environnementaux de la province afin de garantir le respect des règlements locaux et de réduire les conséquences environnementales. Le site se trouvait sur le terrain du propriétaire de l'exploitation agricole.

Les carcasses d'oiseaux ont été rassemblées sur le plancher, au centre du poulailler après l'euthanasie pendant une période minimale de 24 heures avant leur élimination, afin de permettre le début de la décomposition et de réduire la charge virale. On a ensuite vaporisé les carcasses d'un détergent afin de diminuer la propagation de poussière et de plumes pendant le chargement, réalisé à l'aide d'une chargeuse frontale. Chaque chargement a été vaporisé d'un désinfectant avant d'être retiré du poulailler et placé dans un camion étanche provenant d'une compagnie d'équarrissage chargée du transport vers le site d'enfouissement. L'état des vents variait durant les jours d'élimination; de grandes précautions ont donc été prises afin de s'assurer de ne pas perdre de matière potentiellement contaminée.

L'équipement de la zone de compostage où l'exploitant agricole élimine généralement les oiseaux morts a également été enfoui, de même pour la litière qui se trouvait dans les poulaillers après le retrait des carcasses d'oiseaux.

3.6 Nettoyage et désinfection des installations et de l'équipement

Les protocoles de nettoyage et de désinfection des installations infectées par le virus de l'influenza aviaire ont été élaborés en 2004. Le nettoyage et la désinfection (N et D) incombent matériellement et financièrement aux producteurs de volailles, qui sont tenus de satisfaire aux normes établies et approuvées par l'ACIA. Le personnel de l'ACIA veille à l'application de ces normes et vérifie la conformité des opérations par une série d'inspections. Les lieux et l'équipement susceptibles d'être contaminés par le virus de l'influenza aviaire sont visés par le protocole de nettoyage et de désinfection. Tous les objets, y compris l'équipement et les véhicules de l'ACIA, ont été nettoyés et désinfectés selon des protocoles de biosécurité rigoureux avant d'être retirés des lieux infectés. Toutes les personnes qui quittent une exploitation infectée sont tenues de respecter les mesures de biosécurité établies.

Les procédures de N et D des structures matérielles de l'exploitation de référence ont été entamées après le retrait du fumier et de la litière. Les dirigeants du secteur de la volaille de la Saskatchewan ont approuvé le financement d'un contrat avec une entreprise de la région spécialisée en N et D de poulaillers afin de faciliter le processus de N et D de cette installation. Le nettoyage et la désinfection des établissements contaminés ont été complétés le 18 janvier 2008, sous la supervision de l'ACIA.

Conformément au Code sanitaire international pour les animaux terrestres de l'OIE (2007), l'établissement peut être déclaré exempt de l'influenza aviaire à déclaration obligatoire hautement pathogène trois mois après l'achèvement des activités de nettoyage et de désinfection des dernières exploitations infectées.

4.0 Infrastructure d'intervention

4.1 Rôle de l'ACIA

Lorsqu'une maladie à déclaration obligatoire comme l'influenza aviaire est signalée, l'Agence canadienne d'inspection des aliments prend en charge l'intervention. D'autres organismes fédéraux, provinciaux et municipaux, les associations vétérinaires et les associations de producteurs jouent un rôle d'appui.

4.1.1 Plans d'urgence de l'ACIA contre les maladies animales exotiques

L'ACIA a élaboré des stratégies d'intervention et des plans opérationnels contre les maladies animales exotiques et les maladies à déclaration obligatoire. Le Plan de soutien à l'éradication des maladies animales exotiques (PSEMAE) constitue le cadre des ententes de collaboration fédérale-provinciale qui précise les rôles et les responsabilités des intervenants des gouvernements fédéral et provinciaux en cas de flambée d'une maladie animale exotique. Le Plan relatif au risque spécifique de l'influenza aviaire fait partie du plan général élaboré expressément pour lutter contre les éclosions d'influenza aviaire à déclaration obligatoire; il contient de l'information générale sur la maladie et sur les principes régissant les activités de lutte, d'éradication, de désinfection des lieux infectés et de surveillance. L'organisation des interventions d'urgence et le détail de la marche à suivre pour la mise en oeuvre des plans d'urgence figurent dans le Manuel d'intervention en cas d'urgence de l'ACIA et dans le Plan fonctionnel pour la santé animale de l'ACIA.

4.1.2 Centres des opérations d'urgence établis

Lorsqu'un échantillon à risque élevé est envoyé en raison d'une preuve de maladie à déclarer au gouvernement fédéral (p. ex. influenza aviaire à déclaration obligatoire), les équipes régionale et nationale d'intervention d'urgence sont prévenues. La confirmation du diagnostic déclenche une chaîne d'évènements qui entraîne la mise en oeuvre des mesures de lutte et d'éradication décrites dans le Plan relatif au risque spécifique de l'influenza aviaire, dans le Plan fonctionnel pour la santé animale de l'ACIA et dans le Manuel d'intervention en cas d'urgence de l'ACIA. Il revient au directeur régional des Opérations de décider s'il y a lieu d'ouvrir un centre des opérations d'urgence (COU) qui se chargera de l'enquête sur le terrain et des mesures de lutte contre la maladie. En outre, un centre national des opérations d'urgence (CNOU), établi à l'Administration centrale à Ottawa, appuie les activités sur le terrain touchant la politique relative à l'élimination de la maladie, les questions d'ordre juridique, les communications, les consultations auprès des groupes de producteurs, les relations internationales et la coordination interprovinciale.

4.1.2.1 Centre régional des opérations d'urgence de la Saskatchewan

Le CROU de la Saskatchewan a été mis sur pied à Regina, le 27 septembre 2007, au bureau régional de l'ACIA. Le CROU de la Saskatchewan a déclenché le Système de commandement des interventions décrit dans le Plan fonctionnel pour la santé animale.

Les opérations d'urgence de la province de la Saskatchewan étaient auparavant à proximité et coordonnées par le CROU de la Saskatchewan de l'ACIA (les deux étaient situés dans le même édifice). Le système de commandement unifié, qui constitue un élément du Système de commandement des interventions, a favorisé une étroite collaboration entre les organismes fédéraux, provinciaux et municipaux qui s'occupent de santé publique, d'hygiène vétérinaire, d'environnement, de soutien logistique et de technologie de l'information.

Le Prairie Diagnostic Services Laboratory [Laboratoire de services diagnostiques des Praries] était en mesure d'appuyer les capacités de laboratoire de diagnostic de l'ACIA grâce à l'augmentation préalable de sa capacité de diagnostic, à titre de membre du Réseau canadien de laboratoires spécialisés en IA. La Regulatory and Inspection Management Branch [Direction générale de la réglementation et de la gestion des inspections] du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de la Saskatchewan, a fourni son soutien en matière d'épidémiologie vétérinaire et de surveillance, a offert des services de consultation sur les méthodes d'élimination et sur les exigences, et a assuré la liaison avec le ministère de la Santé de la Saskatchewan.

En matière de logistique, les autorités fédérales et provinciales ont fourni une aide d'urgence par l'entremise de deux organismes : l'organisme provincial de planification d'urgence et Sécurité publique Canada. Ces organismes ont collaboré avec l'ACIA afin d'obtenir l'équipement et les ressources humaines nécessaires à la réalisation des activités de surveillance, de destruction et d'élimination sur le terrain.

4.1.2.2 Centre national des opérations d'urgence

Le 27 septembre 2007, le Centre national des opérations d'urgence (CNOU) a été mis en service à Ottawa. La situation a été déclarée urgente le 28 septembre 2007. Une équipe nationale d'intervention d'urgence a été formée et le vice-président des Opérations a occupé le poste de commandant national du lieu de l'incident.

4.2 Communications

Chaque jour, au CROU de la Saskatchewan, des séances d'information interorganismes avaient lieu en présence des employés de l'ACIA, des chefs de section ainsi que des représentants des autorités provinciales et municipales, des organismes de santé publique et des représentants de l'industrie. Les communications avec les gouvernements étrangers ont été assurées par le CNOU.

Les communications avec les médias ont été confiées aux porte-parole officiels de l'ACIA, qui ont été désignés au début de l'intervention afin qu'ils gèrent tous les contacts avec les médias. Informés de la mise en quarantaine, les médias se sont intéressés aux activités de l'exploitation de référence le 26 septembre 2007. Le 27 septembre 2007, une séance d'information technique de l'ACIA et du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de la Saskatchewan avait lieu afin de confirmer le diagnostic.

Les porte-parole étaient appuyés par des experts en communication de la région et de l'Administration centrale qui se sont réunis pour préparer les avis publics et les communiqués de presse ainsi que pour coordonner les entrevues avec les médias. L'équipe fédérale a collaboré étroitement avec les spécialistes en communication des autorités provinciales et municipales. Le site Web de l'ACIA a été mis à jour de façon régulière.

4.3 Rôle des associations de producteurs de volailles

L'année dernière, les producteurs de volailles de la Saskatchewan ont mis sur pied l'équipe de gestion des opérations d'urgence de l'industrie de la volaille de la Saskatchewan (Saskatchewan Poultry Industry Emergency Management Team - SPIEMT) chargée de préparer un plan d'intervention d'urgence en cas de maladie animale exotique comme l'influenza aviaire à déclaration obligatoire. L'équipe compte des représentants des conseils des associations de producteurs de volailles ainsi que des secteurs appuyant les producteurs d'aliments du bétail et couvoirs. Des membres de l'ACIA et du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de la Saskatchewan ont contribué à l'élaboration du plan. Les coprésidents de l'équipe (SPIEMT) agissaient à titre de principales personnes-ressources auprès de l'ACIA et étaient chargés de communiquer les renseignements aux producteurs de volailles et de mener des consultations sur les limites de la zone de contrôle et sur le plan de surveillance. Ils ont fourni aux représentants de l'industrie les données nécessaires pour appuyer la réalisation des cartes du Système d'information géographique (SIG) et ont aidé les producteurs à mieux comprendre le plan de surveillance provinciale qui permettait de confirmer que l'influenza aviaire à déclaration obligatoire n'était pas présente dans la zone de contrôle, au-delà de l'installation infectée initialement.

4.4 Rôle des autorités de santé publique

Étant donné que l'influenza aviaire est classée parmi les zoonoses et que certaines souches peuvent entraîner des risques pour la santé des personnes, nous avons communiqué avec les autorités sanitaires locales, provinciales et fédérales.

La Regina Qu'Appelle Health Region [Régie régionale de la santé de Regina Qu'Appelle, RQHR], la direction générale de la Santé de la population, le ministère de la Santé de la Saskatchewan et le ministère du Travail de la Saskatchewan, en partenariat avec le conseiller de Sécurité et santé au travail, l'Agence canadienne d'inspection des aliments et les responsables du Programme de santé au travail et de sécurité du public de Santé Canada, ont coordonné et orchestré l'intervention en santé publique. Le Laboratoire de lutte contre la maladie (Saskatchewan), le ministère de la Santé de la Saskatchewan, en collaboration avec le Laboratoire national de microbiologie de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) ont fourni des services de soutien aux laboratoires. L'ASPC a fourni un soutien technique et a envoyé un épidémiologiste du Programme canadien d'épidémiologie de terrain pour aider le ministère de la Santé de la Saskatchewan en matière d'interventions en santé publique et de surveillance de la santé humaine.

Les mesures de santé publique visaient à prévenir l'infection directe des personnes exposées au virus, par l'utilisation adéquate de l'équipement de protection individuelle. Les mesures préventives secondaires sont notamment l'oseltamivir (Tamiflu®), le traitement préventif pour diminuer la réplication virale ainsi que la vaccination contre l'influenza afin de diminuer les co-infections (souches humaines et aviaires) et le réassortiment.

Des activités de surveillance accrue ont été réalisées dans les buts suivants : (1) déterminer l'étendue de l'infection humaine et de la maladie clinique (s'il y a lieu) chez les personnes exposées; (2) obtenir des renseignements supplémentaires sur les antécédents en matière d'exposition et de respect des mesures de protection personnelle; (3) mesurer la conformité en matière de vaccination contre l'influenza et de traitement préventif par l'oseltamivir; (4) documenter les incidents indésirables. Chez sept personnes, on a observé de nouveaux symptômes ou une détérioration des symptômes oculaires ou pseudogrippaux. Les malades ont obtenu des résultats négatifs à l'égard de l'influenza au test de dépistage direct des anticorps fluorescents, au dosage immunoenzymatique et à l'épreuve de PCR. Le ministère de la Santé de la Saskatchewan, la RQHR et le ministère du Travail de la Saskatchewan ont produit un rapport complet résumant les résultats de la surveillance.

4.4.1 Santé et sécurité au travail

Par le biais de son Programme de santé au travail et de sécurité du public (PSTSP), Santé Canada a diffusé un avis d'hygiène professionnelle à l'intention des employés du gouvernement fédéral qui participent à la lutte contre l'influenza aviaire. On y expliquait l'importance d'utiliser adéquatement l'équipement de protection individuelle, de bien se laver les mains, de surveiller ses propres symptômes pseudogrippaux et, en cas d'infection, de se placer en isolement et de prévenir les autorités sanitaires. L'avis recommandait également de se faire administrer le vaccin antigrippal le plus récent et de prendre des antiviraux à titre préventif durant la période d'exposition à la volaille infectée et pour une durée de sept jours après l'exposition.

Les employés de l'ACIA ont suivi une formation sur les précautions à prendre en matière de biosécurité et sur les exigences relatives à la santé et à la sécurité au travail énoncées dans la Partie II du Code canadien du travail. Un conseiller en Sécurité et santé au travail de l'ACIA était sur place durant les activités d'intervention.

On a veillé à ce que les travailleurs se servent adéquatement de l'équipement de protection individuelle, suivent les règles de sécurité et d'hygiène et signalent les accidents. Un système de surveillance mutuelle a été instauré pour réduire au minimum les risques d'accident et les infractions aux règles de biosécurité.

Le ministère de la Santé de la Saskatchewan et la RQHR ont aussi fourni au personnel de l'ACIA des services consultatifs en matière de santé et sécurité au travail, et ont administré des vaccins et des traitements préventifs.

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Carte: Producteurs de volaille de la Saskatchewan
Carte : Producteurs de volaille de la Saskatchewan

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Carte: Région avec restriction des déplacements dû à l'influenza aviaire 2007
Carte : Région avec restriction des déplacements dû à l'influenza aviaire 2007